Mont-Rougement
   
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Légendes

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Ayant été habité par plusieurs générations d’hommes et de femmes, le mont Rougemont a beaucoup de vécu ! L’Association s’intéresse de très près à vous, vos histoires, vos expériences de la montagne. Nous aimerions également partager certains de ces récits avec nos visiteurs. Nous vous invitons à partager vos contes et légendes à l'adresse Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

Au plaisir de vous lire !

L’équipe de l’AMR

En attendant vos histoires, en voici une…

Il était une fois, à Rougemont

Il y a de cela bien longtemps, à l’arrivée des grands froids de novembre et décembre, des hommes partaient avec leur attelage et leurs outils vers la forêt pour aller y chercher le bois qui les réchaufferait tout l’hiver. On entendait au loin le bruit des clochettes attachées aux attelages qui montaient lentement dans les sentiers sinueux de la montagne. La coupe de bois était physique et stratégique. Les hommes avaient un grand respect pour les ressources qu’ils utilisaient dans la forêt. Ils utilisaient ce dont ils avaient de besoin, sans excès, afin que la forêt se régénère rapidement et qu’ils puissent à nouveau utiliser quelques-unes de ses ressources l’année suivante. En fin de journée, les charrettes redescendaient bien chargées et tirées par des chevaux dont la force dépassait l’imaginaire.

Quelques fois pendant l’année, les parents attelaient leurs chevaux et emmenaient leurs enfants faire une promenade dans la forêt. C’était une sorte de récompense pour les enfants et aussi une sortie de famille très appréciée de tous, car elles étaient peu fréquentes. Ces sorties avaient habituellement lieu pendant l’hiver, car c’était la période la plus tranquille de l’année des producteurs.

Du printemps à l’automne, il arrivait que des travailleurs attrapent une « maladie » qui les importunait au point de les empêcher de asclepiade_JSBouchard_webtravailler. En fait, ce n’était pas une maladie, mais le simple contact avec une plante, l’herbe à puce qui irritait leur peau et leur causait des éruptions cutanées. Parfois, un liquide coulait des boutons et causait d’autres boutons et se propageait sur tout le corps entraînant une forte démangeaison. Certains utilisaient l’écorce d’un arbre spécifique (l’asclépiade, qui n’est plus présente à Rougemont aujourd’hui), la faisaient bouillir et se faisaient des pansements avec le liquide, ce qui faisait sécher les boutons causés par l’herbe à puce.

Photo asclépiade: J.S. Bouchard

Aussi à l’automne, plusieurs personnes travaillaient aux pommes et quelques cueilleurs expérimentés allaient se chercher des plantes et des herbes dans la forêt. Par la suite, ils les faisaient sécher et les utilisaient à des fins thérapeutiques ou gastronomiques. Il fallait une expertise dans le domaine pour utiliser les plantes de façon sécuritaire, car plusieurs étaient toxiques si elles étaient mal utilisées. L’une de leurs trouvailles était le sureau qu’ils faisaient bouillir pour bénéficier des propriétés diurétiques de la plante.

Aujourd’hui, les choses ont bien changé. Nous allons chez le médecin quand nous sommes malades et ensuite nous allons chercher nos médicaments chez le pharmacien. Quand nous avons faim, nous allons à l’épicerie chercher nos aliments. Tout est simple. Cependant, je crois que les gens font de moins en moins le lien entre la nature, l’agriculture et ce qui se retrouve dans leur assiette. Heureusement, quelques connaissances et souvenirs d’autrefois sont encore transmis de génération en génération, afin de se rappeler et de valoriser le travail des producteurs qui nous permettent de manger des aliments frais et de conserver cette redevance que les gens d’autrefois avaient envers la nature.

Par Josiane Tétreault, d’après les histoires d’une grand-mère